Coût, Adaptation & Humanité

23 000 000 000 000 $ | Usbek & Rica

Chute de la production agricole, montée des eaux, multiplication des incendies… En prenant en compte toutes les conséquences du dérèglement climatique, la société d’assurances Swiss Re estime dans un rapport publié jeudi 22 avril que la production économique mondiale pourrait reculer à hauteur d’environ 11 à 14 % au cours des trente prochaines années. Au total, ces phénomènes coûteraient pas moins de 23 000 milliards (soit 23 billions) de dollars à l’économie mondiale d’ici 2050.

À cette date, le PIB des États-Unis, par exemple, pourrait être « jusqu’à 7 % inférieur à ce qu’il aurait été dans un monde sans dérèglement climatique », estime le rapport. Le Canada, la Grande-Bretagne et la France pourraient quant à eux voir leur production économique totale reculer à un niveau compris entre 6 % et 10 %.

Mais ce sont les pays du Sud, les plus exposés à l’augmentation des températures, qui seraient les plus touchés. À un niveau d’augmentation des températures de 2,6 °C (« le rythme de trajectoire actuel  », selon Swiss Re), les économies du Vietnam ou encore de la Thaïlande reculeraient à hauteur d’environ « un tiers » pour chacun des deux pays.

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Plaidoyer pour une stratégie nationale d’adaptation au changement climatique | ENS

La catastrophe de la Covid-19 a montré que les crises ne se succèdent pas. Elles se cumulent, fragilisant les plus vulnérables et augmentant leur sensibilité aux chocs futurs. Plus la mise en œuvre des politiques d’atténuation sera retardée, plus les effets du changement global pèseront sur les sociétés et les territoires, en particulier les plus fragiles économiquement et socialement, alors qu’ils seront de moins en moins capables de faire face.

Les capacités d’adaptation ne sont pas le seul fait des individus, des entreprises ou des territoires. Elles ne sont pas déterminées par les seules caractéristiques intrinsèques, pas plus qu’elles ne sont des propriétés qu’il suffit de créer ou de renforcer. Elles sont à rechercher dans les interactions complexes entre les caractéristiques des individus, entreprises, systèmes et territoires, mais aussi dans les ressources dont ils disposent en propre et dans les contextes dans lesquels ils s’inscrivent et qui permettent ou non l’accès à d’autres ressources. Tous ces éléments sont autant de causes structurelles de la vulnérabilité, sur lesquelles il faut agir pour réussir le pari de l’adaptation.

L’adaptation a été beaucoup critiquée, au motif qu’elle serait un renoncement face à l’atténuation. On sait également que les efforts d’atténuation auront des effets possiblement régressifs, avec des coûts sociaux et économiques importants, notamment en matière de pertes d’emplois, de pouvoir d’achat, de reconversion économique, etc.

Mais tous les efforts qui ne sont pas engagés dès à présent pour atténuer la hausse des températures globales se solderont par une augmentation mécanique des coûts d’adaptation.

À l’inverse, substituer l’adaptation des individus et des territoires à l’atténuation revient à transférer sur les personnes et les communautés locales, la responsabilité et les coûts de leur sécurité. Il est donc nécessaire d’accélérer les efforts d’atténuation, en corrigeant leurs effets possiblement négatifs, tout en préparant les sociétés à faire face aux chocs à venir.

L’adaptation n’est pas qu’un effort demandé aux individus et aux territoires : c’est un ensemble de politiques publiques qui s’inscrivent dans les actions de réduction de la vulnérabilité.

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«Peu importe le zèle des écologistes occidentaux, l’avenir de l’humanité se joue en Inde, en Chine et en Afrique» | L’Opinion

Sur le plan démographique, les zones indienne, chinoise et africaine accueillent 80% des nouvelles naissances annuelles. C’est bien là que se joue l’avenir de l’humanité. Peu importe le zèle des écologistes occidentaux, il est évident que n’importe quelle transformation écologique dans nos pays ne réglera pas l’impasse où se trouve la planète. L’effet de mimétisme est très fort dans les pays émergents.

Calqués sur les niveaux de consommation fixés par les Occidentaux, ils revendiquent leur droit à la richesse. Seulement, ce rattrapage n’est pas tenable dans le modèle économique actuel car il détruit les ressources. C’est la base du modèle entropique du grand mathématicien-économiste Nicholas Georgescu-Roegen [l’un des premiers théoriciens de la décroissance]. Une économie circulaire pure n’existe pas.

Si la Chine ou l’Inde ne tiennent pas leurs engagements climatiques, on ne parviendra pas à contenir le réchauffement de la planète sous les +1,5 °C. C’est parce que tout va se passer dans ces régions qu’il est intéressant de se pencher sur la manière dont leurs habitants abordent l’avenir, sur les utopies qui les habitent et les sagesses qui les régulent. L’avenir s’inscrit dans ces sagesses du monde.

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