Fablab, un potentiel de dynamisation pour les territoires ?

Une forte progression du nombre de fablabs

Les fablabs sont des ateliers dotés de machines où l’on invente, prototype, répare… Ils allient les activités d’artisanat et d’ingénierie.

Le tout premier fablab a été créé par Neil Gershenfeld, directeur du Center for Bits and Atoms du MIT au début des années 2000. Les fablabs sont nés du boom de l’entrepreneuriat, du développement du travail indépendant, du désir de trouver un sens dans son travail et de créer de ses mains. Ils sont généralement le résultat d’initiatives de coopération atypiques et permettent de donner une seconde vie à des espaces abandonnés et de dynamiser les territoires.

Hybrides et multiformes, les fablabs sont très diverses, de par leur thématique (digital, IOT, robotique, alimentaire …), leur budget, leur lieu d’implantation (entreprise, université, cœur de ville), la diversité de leurs utilisateurs, ou encore de leurs équipements (laser, d’imprimantes 3D, fraiseuse numérique…). Si la majorité des fablabs sont ouverts au grand public, ce n’est pas le cas de tous. Souvent tributaires de subventions publiques, certains ont trouvé un modèle économique pérenne en couplant fablab et espace de coworking ou espaces locatifs pour entreprises.

Une excellence française

Le concept a particulièrement pris dans l’hexagone, la France peut se vanter d’être le deuxième pays des fablabs après les Etats-Unis, elle ne compte pas moins de 345 fablabs et makerspaces. De plus, cet été deux évènements d’envergure internationale ont eu lieu en France : le quatorzième rassemblement international des fablabs à Toulouse et le fabcity Summit à Paris.

Les industriels s’emparent du mouvement fablabs

De plus en plus d’entreprises lancent leur propre fablab. Cela leur permet de développer leur R&D, de fournir un espace d’innovation à leurs employés et de promouvoir la culture de l’ouverture. Ils constituent un lieu de rencontre et permettent ainsi de briser les silos existants entre différents services. Les fablabs permettent aussi de tester des prototypes ou de nouvelles méthodes de fabrication.

L’Etat soutient la création des tiers-lieux

Le 19 septembre dernier, Julien Denormandie a annoncé un plan de 110 millions d’euros sur trois ans pour renforcer et déployer les tiers-lieux (fablabs,  livinglabs, coworking et autres markerspace), ces espaces de travail où se mêlent fabrication et réseau d’échanges. Suite à un rapport sur ces espaces, ce sont plus de 1450 tiers-lieux qui ont été dénombrés dont près de la moitié en dehors des métropole.

Ce plan doit ainsi servir à créer ou consolider 300 « Fabriques des territoires », en priorité dans les zones rurales et les quartiers populaires, pour lutter contre les « fractures territoriales ».

Il s’appuiera sur un fonds d’amorçage de 60 millions – 20 millions par an – financé par l’Etat, qui dopera les projets en création. Un fonds d’investissement socialement responsable (IRS) de 40 millions, mixant crédits publics et privés, permettra aux tiers-lieux d’accéder aux outils et compétences nécessaires pour consolider leur activité et ce à un coût soutenable. Enfin, un fonds de dotation de 10 millions minimum alimenté par des entreprises viendra abonder les deux autres fonds.

Ce plan vise à prévenir la fragilité des tiers-lieux qui ont souvent des difficultés à trouver un modèle économique viable, sans pour autant conduire à une uniformisation de ces derniers.


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