France is back… for good ?

France is back ! C’est ce que le dernier Baromètre EY de l’attractivité de la France révèle dans une étude fondée sur l’analyse des projets d’investissements étrangers ayant choisi la « Destination France » en 2017 et une enquête menée auprès de 208 dirigeants étrangers.

Avec 1019 nouveaux projets, en hausse de 31% par rapport à 2016, la France réalise une performance historique. Elle confirme ainsi la forte croissance déjà observée entre 2015 et 2016 (+30% de projets) et renoue avec un leadership en perte de vitesse depuis une décennie.

Une attractivité renouvelée…

Rassurés par les réformes structurelles menées depuis 2012 (CICE, Pacte de Responsabilité…), encouragés par un discours désormais business friendly auquel le « Sommet de Versailles » a récemment donné une résonnance internationale, les investisseurs semblent de nouveau prêts à faire confiance au pays.

Ainsi, la perception du « site France » n’a jamais été aussi positive : 81% des dirigeants étrangers s’en déclarent satisfaits ou très satisfaits dans l’enquête EY 2018, contre 73% l’année précédente.

Sur la scène européenne, la reconquête française n’est pas passée inaperçue. La France a enregistré en 2017 la plus forte progression du continent et talonne désormais les champions historiques de l’attractivité, avec qui elle resserre l’écart : le Royaume-Uni avec 1138 projets, suivi de près par l’Allemagne avec 1124 projets. Surtout, pour la première fois depuis 2003, les investisseurs étrangers placent Paris devant Londres, en tête du classement des métropoles européennes les plus attractives. Cette performance est évidemment le résultat d’un contexte politique difficile pour le Royaume-Uni : les incertitudes liées au Brexit semblent avoir porté un coup d’arrêt à l’âge d’or pendant lequel le pays dominait sans difficulté tous les classements européens. En 2017, le ralentissement de la croissance des projets étrangers accueillis sur le sol britannique est net : +6% contre + 20% entre 2014 et 2015.

Cependant, malgré ces évolutions inédites, le podium européen reste inchangé. En particulier, la « Destination UK » est loin d’être désertée : selon l’enquête EY 2018[i], 8 % seulement des dirigeants interrogés envisageaient une relocalisation de leurs activités dans un autre pays, dont les deux tiers en Europe. Paris, loin d’être la seule alternative à Londres, doit ainsi faire face à la féroce concurrence d’autres grandes villes européennes, à commencer par Francfort, Dublin ou Amsterdam. De plus, le Royaume-Uni reste leader en termes de créations d’emplois avec 50 196 emplois portés par les investisseurs étrangers, soit 42 emplois par projet, près de deux fois plus qu’en France (25).

La complexité et l’instabilité du contexte politique européen invite donc à la prudence : rien n’est encore gagné pour la France qui, pour aller plus haut, devra encore faire ses preuves.

Une compétitivité redessinée

L’enjeu est de taille pour le pays : au-delà d’une place sur un podium, c’est avant tout les contours d’une France nouvelle qui se dessinent sous l’impulsion des investissements étrangers.

Représentant près d’un tiers des projets (32%), l’industrie est la grande gagnante de la confiance retrouvée des dirigeants étrangers en 2017. Elle réalise un bond de 52% par rapport à l’année dernière et entraîne dans son élan les villes moyennes et bassins en difficultés. 60% des projets industriels ont ainsi concerné des zones rurales et agglomérations moyennes de moins de 200 000 habitants en 2017, contribuant à leur développement et maintien dans l’économie mondiale (cf carte ci-contre).

Les projets d’activités stratégiques, quant à eux très majoritairement localisés dans les aires métropolitaines, ont également le vent en poupe. Reconnue par les dirigeants étrangers comme un pays particulièrement compétitif en termes d’innovation, saluée pour le dynamisme de sa « French Tech », la France réalise la plus belle progression du trio de tête européen en matière d’implantations ou d’extensions de centres de R&D (+53% en France contre +31% au Royaume-Uni et +23% en Allemagne). Quant aux centres de décisions, enjeu déterminant pour le rayonnement de son économie, la France fait plus que tripler son score de 2016 (59 en 2017 contre 16 en 2016), accédant à la deuxième place du podium, devant l’Allemagne. Elle reste cependant distancée par le Royaume-Uni (95 sièges en 2017) et ne peut effacer d’un trait le retard cumulé sur la dernière décennie, sous le poids notamment de ses handicaps historiques de compétitivité (coût et rigidité du travail, pression fiscale, complexité de la législation s’appliquant aux entreprises).

Plus industrielle, plus technologique et plus souple : la France fait en 2017 une belle promesse au monde.

Charge à elle de la tenir en poursuivant les réformes courageuses qui amélioreront sa compétitivité et inscriront dans la durée ce que l’on espère être « un retour gagnant ».


[i] L’enquête EY menée en janvier 2018 auprès de 502 dirigeants

Pour retrouver l’enquête : cliquez-ici.