Haies, Agroécologie & Transition

Agriculture : pourquoi les haies sont-elles replantées en masse ? | France Info

En cinquante ans, 70 % des haies françaises ont disparu. Elles sont de nouveau plantĂ©es, pour divers usages liĂ©s Ă  la biodiversitĂ©. Les rĂ©gions cĂ©rĂ©alières ressemblent, aujourd’hui, Ă  d’immenses terrains sans aspĂ©ritĂ©s. Cela pourrait changer. Sur sa parcelle, CĂ©dric Petillat, agriculteur Ă  Gravon (Seine-et-Marne), plante 3 000 arbres sur 33 hectares. La manipulation des engins agricoles sera plus ardue, mais selon lui, la rĂ©colte sera meilleure.

Car le rôle des haies est de « protéger le sol du vent, de la lumière et de la chaleur en plein été ». Les arbres vont faire venir des oiseaux et des insectes qui éloignent les ravageurs et nuisibles. Mais avec les êtres vivants, ces haies ont une double fonction : elles font aussi office de routes pour la biodiversité.

Dans les annĂ©es 60, les haies ont Ă©tĂ© arrachĂ©es. Elles faisaient obstacle aux cultures intensives. « Un kilomètre de haie, c’est un hectare de terrain perdu », dĂ©clarait-on en 1968, dans une archive INA. Un juste retour des choses : plus que la biodiversitĂ©, les nouvelles plantations contribuent Ă  la fertilitĂ© des sols. Le gouvernement veut planter 7 000 kilomètres de haies d’ici l’annĂ©e prochaine. Chaque rĂ©gion a ses propres pratiques et usages : la commune d’Elne (PyrĂ©nĂ©es-Orientales) veut en faire sa vitrine.

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Marc Dufumier : « L’agriculture française a besoin d’un changement radical » | Ouest France

Celui d’une agriculture moderne inspirée par l’agroécologie. C’est une discipline scientifique qui rend intelligible le fonctionnement des écosystèmes agricoles. Agriculture biologique, agroforesterie et agriculture de conservation des sols s’en inspirent. La transition agroécologique se fonde sur un usage intensif de la photosynthèse. Ce mécanisme naturel par lequel les végétaux fabriquent leurs tissus avec l’énergie du soleil et le carbone du gaz carbonique de l’atmosphère, deux ressources gratuites et renouvelables.

Il faut une couverture végétale verte maximale. On peut s’inspirer des associations végétales. On cite toujours les Mexicains qui cultivent sous le maïs du haricot et sous le haricot, des pastèques, concombres, courges… Chez nous, en France, il y a le pommier dans la prairie ou les associations lentilles-céréales. La permaculture en maraîchage bat tous les records avec, dans la même parcelle, dix espèces différentes. L’eau de pluie doit s’infiltrer dans le sol pour être mise en réserve pour l’été. Plus une goutte ne doit ruisseler, grâce à la plantation des haies, à la couverture végétale ou aux techniques de culture sans labour qui favorisent les vers de terre.

[…] Il faut rĂ©munĂ©rer les agriculteurs quand ils sĂ©questrent du carbone dans les sols, quand ils plantent des lĂ©gumineuses ou des haies, quand ils remettent des abeilles, des coccinelles et des mĂ©sanges qui s’attaquent aux pucerons. Dites-moi Ă  quel prix vous ĂŞtes capables de mettre tout ça en Ĺ“uvre, moi je vous paie.

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Benoît Leguet : «La transition agricole, pour être effective en 2050, doit se préparer dès aujourd’hui» | L’Opinion

Il va falloir trouver des modèles économiques nouveaux. Une partie des activités agricoles pourraient être considérées comme des services rendus à la collectivité : la captation de carbone, la régulation hydrique pour faire face au changement climatique, l’activité dans les zones de montagne, le maintien de la biodiversité… Ces régulations écosystémiques pourraient être rétribuées. Elles le sont déjà pour partie, avec notamment en France le Label bas carbone.

Il va aussi falloir penser à des mécanismes assurantiels pour parer à ces « on n’avait jamais vu ça » climatiques qui vont se multiplier. Pour le reste, il va falloir investir, que ce soit pour une meilleure efficacité énergétique de la chaîne de production alimentaire, le changement des pratiques culturales, la transition de la production de protéines animales vers les protéines végétales…

Ce sont des transitions qui, pour être effectives en 2050 se préparent dès aujourd’hui, avec le renouvellement des générations agricoles, pour éviter au maximum les «  actifs échoués ». Et c’est pour cela que le fait que la Coopération agricole envisage un objectif à 2030 est déjà un grand pas.

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