Made In France, Relocalisation & Planification

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Relocalisation et Made In France : utopie ou réalité économique ? | Maddyness

Le 10 avril dernier, un collectif d’associations lançait une consultation citoyenne sur « comment inventer ensemble le monde de demain ». En à peine 10 jours, 294 propositions de relocalisation étaient postées. Parmi les principaux secteurs concernés arrivent en tête la santé (médicaments, matériel), l’énergie, le textile et le secteur agricole. L’objectif est clairement établi : la France doit retrouver une autonomie de production et une indépendance sur des produits vitaux. Ce mouvement, renforcé par la crise, n’est pas nouveau. […]

L’intérêt de la relocalisation vient surtout de la taille du marché auquel on s’adresse. “Les entreprises relocalisent surtout lorsqu’elles ont une grosse partie de leur marché dans leur pays d’origine et qu’elles doivent réimporter leur production de l’étranger” , explique la spécialiste de la délocalisation. Dans le cadre de l’industrie pharmaceutique ou même de l’électronique, le “seul marché français ne serait pas suffisant”  pour faire face aux coûts engendrés par un développement de ces filières. Il faudrait davantage envisager une “solution à l’échelle européenne avec une répartition des industries entre les différents pays de l’Union” . Le marché serait alors suffisant par rapport au coût de fabrication et d’exploitation et le risque de pénurie clairement diminuée. Le vote d’une enveloppe d’aide de 500 milliards d’euros et la coopération sanitaire entre certains pays de l’Union dont la France et l’Allemagne, par exemple, sont cependant de bon augure. 

Dans tous les cas, le Made In France ne deviendra ni une habitude de consommation, ni un mode de production complet d’ici demain. “Les indémodables comme les maillots de bain noirs continueront à être produits en grande quantité à l’étranger car les coûts seront intéressants tandis que des collections capsules seront réalisées dans les usines françaises” et sans doute un peu moins abordables. Ce mouvement est déjà porté par la hausse des salaires chinois, qui rend de moins en moins rentable cette fabrication lointaine. Mais attention à ne pas voir dans le Made In France la révolution du plein emploi. “La relocalisation s’accompagne souvent d’une grande robotisation des process” , explique Catherine Mercier Suissa et la création d’emplois n’est pas toujours au rendez-vous.

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La production de panneaux solaires pourrait revenir en Europe| La Croix

Aujourd’hui, sur les dix premiers fabricants mondiaux de panneaux photovoltaïques, neuf sont Chinois. Les prix ont été divisés par dix en dix ans, ce qui a contribué aussi à accélérer leur déploiement en Europe. En France, les industriels du secteur ne sont plus qu’une poignée, à l’image de Voltec, de Sillia, racheté par l’Allemand Recom ou de Photowatt, repris par EDF à la demande de l’État.

Le retour d’activités jugées stratégiques
Mais les temps pourraient bien changer. « Les gouvernements de la zone euro réalisent à l’occasion de cette crise à quel point il est important de produire en Europe les médicaments, le matériel médical, mais aussi l’électronique, le matériel de télécoms, les équipements pour les énergies renouvelables », juge Patrick Artus,le chef économiste de Natixis, qui anticipe la relocalisation d’un certain nombre de fabrications jugées stratégiques.

Le ministère de l’économie vient d’ailleurs de demander aux filières concernées de lui faire des propositions rapidement. Pour les renouvelables, le sujet devrait être une des contreparties aux mille milliards d’euros sur dix ans promis par l’Europe, dans son projet de « Pacte vert » (Green deal) présenté en décembre.

Des usines totalement automatisées
En France, l’objectif des pouvoirs publics est de multiplier la capacité installée de photovoltaïque par quatre d’ici à 2028, « ce qui justifie d’avoir davantage d’implantations industrielles sur le territoire », affirme Daniel Bour, le président d’Enerplan, le syndicat de l’énergie solaire.

Avec son électricité décarbonée et son savoir-faire, la France serait ainsi bien placée, selon lui, pour accueillir la fabrication des plaques de silicium. « Les usines de fabrication de panneaux pourraient aussi revenir en Europe, car elles sont très largement robotisées et le coût de la main-d’œuvre n’est plus un élément déterminant », note de son côté André Joffre, le fondateur du cabinet d’études Tecsol et expert reconnu. La région Occitanie planche d’ailleurs sur le sujet.

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Coronavirus : la Normandie compte relocaliser des productions industrielles | Les Echos

Invoquant les « limites de la capacité de notre appareil industriel à fournir des produits en réponse à la crise sanitaire » Hervé Morin a confié jeudi 30 avril une mission à Bernard Leroy. Ce dernier préside la Communauté d’agglomération Seine-Eure (103.000 habitants) qui accueille 40 groupes internationaux et abrite 15.000 emplois industriels.

« Cette nouvelle politique industrielle sera déclinée au travers des contrats de plan Etat-Région en mobilisant les fonds européens » confie Bernard Leroy. « Avec les différents pôles de compétitivité, nous allons nous occuper des secteurs fragilisés par la crise comme l’aéronautique tout en identifiant les opportunités à développer, en particulier dans la santé ». C’est un sujet qu’il connaît bien pour avoir facilité l’accueil ou le développement – entre Louviers et Val de Reuil des groupes comme Johnson & Johnson, Sanofi-Pasteur ou une filiale du groupe familial Fareva.

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