Transformation, Austérité & Seniors

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Petites victoires : et si la transformation du monde commençait par… vous ? | Harvard Business Review

Jamais notre époque n’a eu autant besoin de changement, et jamais nous n’avons semblé aussi démunis face à notre incapacité à changer. Ce n’est souvent pourtant pas faute d’essayer. La guerre contre la drogue aux Etats-Unis a été lancée en fanfare par le président Richard Nixon en 1970. Malgré des moyens colossaux, environ 10 milliards de dollars par an de dépenses directes (mais beaucoup plus si on compte les dépenses indirectes), l’ONU a fini par reconnaître officiellement en 2016 que cette guerre était un échec aux conséquences sociales désastreuses. Des plateaux de télévision aux conseils d’administration, de l’ENA aux écoles de commerce, du gouvernement aux ONG, il est communément admis que seule une approche délibérée, c’est-à-dire une action planifiée à grande échelle, permet de résoudre un grand problème, au moyen d’un « grand plan », un Grenelle de ceci ou un Ségur de cela. Or plus la situation est complexe, moins l’approche fonctionne. Bloqués par leur volonté de faire grand, les dirigeants sont impuissants et il ne semble rester pour ceux qui veulent changer que la violence, refuge dans un « monde d’après » idéaliste et abstrait, ou la résignation.

Depuis longtemps pourtant, un riche courant en sociologie, en sciences politiques et en théorie des organisations défend l’idée d’une approche incrémentielle du changement, par petits pas et à l’échelle locale. Ce courant a montré comment les problèmes les plus complexes sont mieux résolus en organisant une série de petites victoires qui seules sont accessibles aux individus. Leur succession constitue un socle solide qui se renforce progressivement, limitant les risques, dissuadant les opposants et ralliant les indécis en faveur du changement. Ce courant s’est renouvelé à partir des années 2000 avec l’engouement des grandes organisations pour l’entrepreneuriat, dans lequel elles ont vu une façon de se réinventer.

Concrètement, une petite victoire a quatre caractéristiques : elle constitue un résultat « tangible », « complet », « mis en œuvre de façon collective » et d’« importance modérée ». « Tangible » et « complet » signifient qu’il doit y avoir un changement effectif dans la vie de l’organisation, comme une nouvelle façon de travailler ; « mis en œuvre de façon collective » signifie que la transformation ne peut être effective que si elle repose sur l’engagement de parties prenantes, car il s’agit de résoudre des problèmes sociaux, pas individuels. Enfin, « importance modérée » est le sens même de petite victoire : il s’agit de réduire l’ambition de l’action jusqu’au point où elle ne représente plus qu’un risque acceptable.

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Le rapport Arthuis sur la dette Covid nous promet l’austérité et le déclin | L’Obs

Le rapport Arthuis, produit par la commission pour l’avenir des finances publiques, conclut, sans l’assumer, en faveur d’un retour de l’austérité budgétaire sous la forme d’une baisse de la dépense publique. Outre un calendrier particulièrement flou, ce rapport signe l’abandon de toute perspective politique au profit d’une approche purement comptable et faussement gestionnaire de la dette. À contresens de l’environnement géopolitique global, ces recettes conduiraient à reproduire les erreurs post-2008, au profit de la Chine et des Etats-Unis. […]

Pendant que l’Union européenne reproduit les erreurs du passé sur le front budgétaire, la Chine s’affirme comme superpuissance reposant sur un puissant réseau de banques publiques adossées à la banque centrale, elle-même sous contrôle politique, et les Etats-Unis ont mis sur pied un plan de relance sans commune mesure depuis la seconde guerre mondiale. Déjà en 2008, l’impulsion budgétaire étatsunienne avait permis à nos alliés de sortir vite et fort de la crise qu’ils avaient provoquée. Pendant toute la décennie 2010, la croissance cumulée, aux Etats-Unis, a été bien plus forte qu’en Europe. Cela doit être le rôle de la France de porter une impulsion similaire en Europe, d’assumer une vision et un projet politiques au lieu d’étroites logiques comptables.

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Les entreprises qui se séparent de leurs seniors, une spécificité française | Le Monde

A quoi ressemble une société qui écarte les plus de 50 ans du monde de l’entreprise ? Depuis juin 2020, quelque vingt-deux plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) ont été déclarés chaque semaine à l’administration, auxquels s’ajoutent d’autres vagues de départs de toute nature. Il est difficile de chiffrer précisément la part de seniors dans les myriades de plans de départs plus ou moins volontaires lancés depuis le Covid-19. Les seniors n’ont pas tous le même âge selon les entreprises et la « cible » n’est pas quantifiée dans les accords négociés.

Les mesures d’âge permettent néanmoins, sans jouer les Cassandre, d’anticiper un phénomène d’ampleur. Les plus de 50 ans sont « prioritaires » pour quitter l’entreprise.

Les exemples sont légion. Chez Airbus, 60 % des départs volontaires seraient des départs en retraite ou préretraite. Michelin, qui envisage 2 300 suppressions de postes d’ici à 2023, prévoit un plan de départs volontaires « comprenant en priorité des mesures de préretraite ». La SNCF réduira ses effectifs de 2 % en 2021 « en jouant sur les départs à la retraite ». A bien moindre échelle, pour Renault Trucks, en décembre 2020, sur les 290 départs prévus, 189 souhaitaient partir à la retraite ou en préretraite.

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